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Edito septembre 2019

 

 

Moi, LE THEÂTRE, je serai l’hôte qui restaure les esprits avides en un banquet où chante l’Art le plus divers. Pour cette fois, bien plus qu’auparavant, j’ai pensé une table  d’abondance aux mets variés, une avalanche de saveurs alliant leurs possibles, comme une farandole débridée, un étal de libertés en mon palais de miracles. Oui, je sortirai de moi, dans une splendide maïeutique, je serai là, intérieur et profond, mais  aussi ailleurs, léger, ouvert, en plein air serein sous la lune claire, au-delà des mystères de la scène et des rideaux qui se referment. Je me veux éclectique et vous invite à l’hétéroclite heureux de découvertes insoupçonnées.

Ma programmation se décloisonne : est théâtre tout visuel du mouvement et du vivant. Plus loin que les coulisses où mijotent les feux de la création avant la représentation, laissez-moi vous guider vers des approches nouvelles.

Je serai le pôle dégustatif qui assemble les codes du classique et le piment du contemporain. Des mains agiles et des corps experts danseront des pas nouveaux sur des sentes peu connues ; je vais réunir en une harmonie chaotique les formes extrêmes du monde musical, et le répertoire des grandes partitions s’alourdira de pages percussionnistes, comme une carte de l’intemporel, un menu au déroulé surprenant.

Le spectateur d’avant s’éblouira en convive de demain : sur la nappe brodée d’influences blessées au passé du vécu mais aussi ourlée du courage de toutes les aventures, je serai le sommelier d’un vin de vigueur, à faire chanter le cœur battant de mon île, à fédérer les provenances et les belles volontés.

A ma table, le service cadencé d’un festin aux épices nuancées :  je veux être cette place, cette agora où tous cohabitent, au coude à coude ; j’aviverai votre appétit en cascade de caris  recréateurs : des entrées en danse et en rire, des plats chauds de verve créole et de chansons iconiques, des  parolies échangées comme un lancer de fruits ensoleillés, une suite de sorbets au parfum jazzy, et puis, un café  sucré de  fabuloserie ou alors brûlant  de vérité passée, mythique, biographique ; et alterneront pour vous des temps de rêve ou de nostalgie, des phases de questionnement ou de jubilation, tout un art d’être à l’autre,  chacun bienvenu à cette fête.

A nous l’expérimentation du choix multiple, à vous le plaisir épicurien de la satisfaction ! Et que se perpétue, comme une recette rare et un héritage précieux, la curiosité  de pousser la porte de mon intense  antre culinaire ! Entrez, ma table présentée s’illumine déjà au rythme convergent de vos pas.

 

 

Lékip